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LE BASSIN DU LAC TCHAD, SOURCE À RISQUES

« Malgré une production agricole en augmentation dans l’espace CEDEAO et estimée pour la dernière campagne à plus de 74 millions de tonnes de céréales et 194 millions de tonnes de tubercules, la situation alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest reste structurellement à risques… », selon Monsieur Sékou SANGARE, Commissaire Chargé de l’Agriculture de l’Environnement et des Ressources en Eau de la CEDEAO

 

C’est parti ! pour être un marathon de discussion en ligne de plus de 15 jours, vu que le monde est dans un contexte de COVID-19, donc le format webinaire s’impose ce mercredi 28 Avril 2021 jusqu’au 10 Avril 2021, il s’agit bien de la conférence internationale axée sur « le système ouest-africain de stockage de sécurité alimentaire : vers un partenariat multilatéral », sous la houlette de la Commission de la Cedeao, dont l’objectif principal est de construire les bases d’un partenariat multilatéral renouvelé pour renforcer, de manière durable, la résilience du système ouest-africain de stockage de sécurité et ses capacités à répondre efficacement à l’amplification et la complexification des crises alimentaires nutritionnelles et pastorales.

 

« Cette Conférence sur le stockage en Afrique de l’Ouest demeure pour la CEDEAO un enjeu majeur dans la recherche des voies et solutions pour une meilleure gestion des crises alimentaires et nutritionnelles devenues récurrentes dans notre espace », a argumenté, au cours de la cérémonie d’ouverture, Monsieur Sékou SANGARE, Commissaire Chargé de l’Agriculture de l’Environnement et des Ressources en Eau de la CEDEAO, face à la presse agricole de l’espace Cedeao (Rondelleplus Online Sénégal : Agri Tv Sénégal : Ndlr).

 

Selon lui, Malgré une production agricole en augmentation dans l’espace CEDEAO et estimée pour la dernière campagne à plus de 74 millions de tonnes de céréales et 194 millions de tonnes de tubercules, la situation alimentaire et nutritionnelle en Afrique de l’Ouest reste structurellement à risques. Cette situation alimentaire et nutritionnelle difficile, est provoquée par la conjonction de plusieurs facteurs liés aux impacts négatifs du changement climatique, aggravé par l’insécurité civile elle-même générée par le terrorisme, les conflits intercommunautaires ainsi que les conséquences de la pandémie du COVID19.

 

La crise sécuritaire persistante dans le Liptako-Gourma et le bassin du lac Tchad continue d’engendrer d’importants flux de personnes déplacées internes dépourvues de moyens de subsistance. Les pays de la ligne de front du Sahel enregistrent actuellement plus de 5 millions de personnes déplacées dont le Nigéria à lui seul compte près de deux millions de personnes déplacées, et le Burkina Faso plus d’un million de personnes.

 

Par ailleurs, l’inflation continue de frapper certains pays entrainant des pertes de pouvoir d’achat en devises locales des populations. Cette situation ajoutée aux effets des mesures sanitaires liées à la Covid-19, maintient à la hausse les prix alimentaires et limite ainsi l’accès des plus vulnérables aux aliments. A en croire, Monsieur Sékou Sangaré, en ces termes : « Selon les résultats du cadre harmonisé du CILSS publiés en avril 2021 dans le cadre de notre Réseau Ouest Africain de prévention des crises alimentaires, près de 19,6 millions de personnes ont actuellement besoin d’une assistance alimentaire immédiate. Ce chiffre pourrait atteindre voire dépassé 27,1 millions de personnes pendant la période de soudure de mai à août 2021, si des mesures appropriées ne sont pas prises. La prévalence de la malnutrition aiguë globale dépasse 10 %, seuil considéré par l’OMS élevé, dans la majorité des pays du Sahel. Aussi il convient de signaler que la cartographie de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle touche de plus en plus des pays côtiers ».

 

« La mise en œuvre du projet d’appui au stockage de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest sur la période 2015-2021 a produit plusieurs résultats ; entre autres nous pouvons citer : La constitution dans notre Région d’une capacité actuelle d’interventions de 40 000 tonnes de céréales et qui atteindra environ 45 000 tonnes d’ici la fin de l’année en cours. Cette capacité représente l’instrument pérenne de la solidarité régionale envers les pays demandeurs/bénéficiaires touchés par les crises alimentaires. Cette capacité régionale est complémentaire des dispositifs nationaux de stockage et elle est dotée d’organes de gouvernance transparents et aux principes de gestion adoptés par tous les Etats membres. La structure en charge de la gestion technique et du suivi est une Division au sein de l’ARAA et son pilotage est assuré par un comité de gestion dirigé par le Ministre assumant la charge de Président du comité technique ministériel de l’agriculture de la CEDEAO », a révélé, devant la presse agricole, Monsieur Sangaré, Commissaire Chargé de l’Agriculture de l’Environnement et des Ressources en Eau de la CEDEAO.

 

Pour rappel, la vision de la région est d’atteindre l’objectif du capital de la RRSA fixé à 410 000 tonnes à l’horizon 2025 dont environ 140 000 tonnes de stocks physiques et 270 000 tonnes de réserve financière pleinement opérationnelle pour les deux tiers. Bref, l’Union Européenne à contribuer aux appuis dans le financement à hauteur de 56 millions d’Euros au projet d’appui au stockage de sécurité alimentaire en Afrique de l’Ouest et qui a servi à opérationnaliser le Système Régional de la Réserve de Sécurité Alimentaire (RRSA) de la CEDEAO.

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